On Life, love and Politics

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Manœuvres : Bal de vautours autour des Ong au Cameroun March 10, 2010

Filed under: Uncategorized — kikenileda @ 7:21 AM


Au coeur du vaste marché des Ong

Aux côtés de la presse, des partis politiques et des syndicats, les Ong et associations font partie intégrante des contre-pouvoirs. Au Cameroun, à la faveur de la loi de 1990 sur la liberté d'association, ces structures ont poussé comme des champignons. Mais une impression d'amalgame se dégage dans leur fonctionnement, parfois la bénédiction des pouvoirs publics et des partenaires au développement.



Le 11 juillet 2008, le ministre d'Etat, ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation (Minadt), Marafa Hamidou Yaya, portait à la connaissance de l'opinion nationale et internationale les 21 structures et associations régulièrement agréées comme organisations non gouvernementales au Cameroun. Ce faisant, le Minadt invitait les Camerounais et les résidents étrangers "à plus de vigilance au regard de la prolifération des associations et autres regroupements se prévalant actuellement de cette qualité". Sur la base de la loi du 22 décembre 1999 régissant les organisations non gouvernementales, ces Ong décrochaient alors un agrément de cinq ans renouvelable par tacite reconduction. Dans les rangs des Ong non reconnues par le Minadt, la colère avait grondé. Ce d'autant plus que certaines "recalées" revendiquaient un certain dynamisme sur le terrain.

Selon Jean Marc Bikoko, aujourd'hui un des leaders de la société civile, "le gouvernement crée des lois qui lui permettent de caporaliser la société civile. La loi dit qu'il faut au moins deux ans d'exercice pour une association pour prétendre jouir du statut d'Ong. La commission technique logée au Minadt n'accorde curieusement des agréments qu'aux Ong fantoches. Celles qui font partie de ce qu'on appelle la société civile d'accompagnement. Les promoteurs d'associations brandissent les récépissés de déclaration des autorités administratives, qui représentent le Minadt sur le terrain". 
Pauline Biyong, présidente de la Ligue pour l'éducation de la femme et de l'enfant (Lefe) observe, quant à elle, qu'en dépit de la publication de la liste des Ong agréées, "le gouvernement continue de favoriser l'épanouissement d'associations et Ong illégales. Les Ong légales ne bénéficient même pas de subventions. Plutôt, ce sont ces associations illégales, appartenant très souvent à des fonctionnaires, qui décrochent l'appui financier du gouvernement et de certains bailleurs de fonds. Cela est d'autant plus condamnable que les Ong sont destinées à aider le gouvernement dans la réalisation de ses objectifs prioritaires", fulmine-t-elle, avant d'ajouter : "Lorsqu'on demande des Ong dans un projet ou un programme, nous sommes écartés parce que certains nous qualifient d'opposants".

Carences
Le foisonnement d'Ong et d'associations serait ainsi, à en croire des leaders des organisations de la société civile (Osc), une manœuvre ourdie par le gouvernement pour atomiser ce contre-pouvoir. Selon Mme Andela, point focal de Dynamique citoyenne, "la vraie société civile existe, une société civile qui fait de la veille citoyenne. Elle est dans une phase de construction de sa voix. Afin que celle-ci se fasse entendre. Les effets sont déjà palpables dans des domaines tels que la santé, l'éducation, l'environnement, le développement rural ou le suivi des politiques publiques". 
En outre, cette actrice de la société civile s'insurge contre les stratagèmes de certains tenants du pouvoir qui ne "consultent que des opportunistes lorsque les intérêts de la société civile sont en jeu". 
Garga Haman Adji, président de l'Ong Bonne Conscience, fait savoir pour sa part que "de nombreux Camerounais pensent qu'il y a beaucoup d'argent dans le secteur des Ong. 

C'est pour cela qu'ils en créent à la pelle. Une Ong doit être conçue pour œuvrer où il y a carence ou défaillance de l'Etat, pas à des fins opportunistes". La cacophonie observée dans le secteur des Ong est d'autant plus préoccupante que le principe de spécialité et de spécificité de ces organisations est bafoué. Dès lors, il n'est pas surprenant de voir une Ong ou une association qui s'intéresse à des thématiques antagonistes juste pour glaner des financements. Dans ce sens, Narcisse Mouellé Kombi, directeur de l'Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) relevait, dans l'édition de Cameroon Tribune du 18 août 2009 : "Une Ong spécialisée dans la protection de la faune sauvage ne peut légitimement et sans susciter quelques doutes, s'imposer unilatéralement dans le domaine de l'observation des élections et prendre des positions politiques sans aucun rapport avec la protection de la faune. Position pouvant aller jusqu'à la remise en cause de la régularité d'un processus électoral "…

Rapports d'activités
Sollicité par Mutations, le Minadt a refusé de se prononcer sur tous les griefs faits à son département ministériel. Par ailleurs, plusieurs Ong sont unipersonnelles, familiales ou peu professionnelles et sujettes à de sérieux problèmes de gouvernance et de leadership. D'autres sont appelées couramment "Ong mallettes" parce que ne disposant d'aucune structure fiable, ni même d'un siège. S'agissant des problèmes de gouvernance pourrissent l'ambiance dans certaines Ong, M. Bikoko y voit derrière "la main noire des autorités". Il explique : "Il est difficile de gérer un projet de 3 milliards sans détourner un radis lorsqu'on n'a pas soi-même de quoi nourrir sa famille. La solution est dorénavant d'accorder des indemnités aux leaders d'Osc". 

C'est dans la loi de 1999 qu'apparaît nommément pour la première fois le terme Ong. Elles existaient avant, mais étaient régies, et même contrôlées, par la loi de 1990 sur la liberté d'association. Les plaintes d'Ong et même d'ambassades étrangères auraient conduit à une autre loi. Avant 1990, le nombre d'Ong était très limité. Après l'indépendance, la chape de plomb politique de l'époque était telle que toute forme d'organisation, en dehors du parti unique, était interdite. A partir de 1990, il a fallu passer par une déclaration préalable. D'où la prolifération d'associations et organisations non gouvernementales. Mais, les plaintes des partenaires au développement persistant, la loi de 1999 introduit l'agrément. Il faudra attendre mai 2001 pour qu'un décret mette sur pied la commission technique chargée des activités des Ong. Le fonctionnement de cette commission étant claudicant, le désordre s'est résolument installé dans le secteur.

Liste des Ong agréées par le Minatd
1) Les Centres d'Accueil de l'Espoir (CAES) 
Arrêté n° 000206/A/MINATD/DAP/SDLP/SACdu 08 juillet 2003
2) Organisme de Développement, d'Etudes, de Formation et de Conseils au Cameroun (ODECO) 
Arrêté n° 000208/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 08 juillet 2003 
3) Organisation des Femmes pour la Santé, la Sécurité Alimentaire et le Développement (OFSAD) 
Arrêté n ° 000385/A/MINA TD/DAP/SDLP/SAC du 20 novembre 2003
4) Service d'Etudes et d'Appui aux Populations à la Base (SEAPB)
Arrêté n° 000384/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 20 novembre 2003 
5) Femme – Santé – Développement en Afrique Subsaharienne (FESADE)
Arrêté n°00387/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 24 novembre 2003
6) Rural Foundation (RF) 
Arrêté n° 000387/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 20 novembre 2003
7) Mouvement International contre la pauvreté en Afrique-Cameroun (MIPACAM)
Arrêté n° 000386/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 20 novembre 2003 
8) Ecole et Développement (E&D) 
Arrêté n° 000049/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 09 mars 2004 
9) Save our Earth (S.O.E )
Arrêté "° 0000419/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 26 novembre 2004 
10) Association, Enfants jeunes et Avenir (ASSEJA) 
Arrêté n° 0000420/A/MINA
TD/DAP/SDLP/SAC du 26 novembre 2004
11) Cameroon National Association for Family Welfare (CAMNAFAW) 
Arrêté n° 0000423/A/MINATD/DAP/SBLP/SAC du 26 novembre 2004
12) Groupe des Promoteurs d'Eau Potable et des Soins de Santé sans Frontière (Groupe PESSAF)
Arrêté n° 0000421/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 26 novembre 2004 
13) Centre d'accompagnement de Nouvelles Alternatives de Développement local (CANADEL)
Arrêté n° 0000424/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 29 novembre 2004
14) Cellule d'Appui et de Formation (CAFOR) 
Arrêté n° 0000425/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 29 novembre 2004 
15) Arc en ciel (AEC)
Arrêté n° 0000422/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 29 novembre 2004 
16) Ligue pour l'Education de la Femme et de l'Enfant (LEFE)
Arrêté n° 00004/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 20 février 2004
17) Foundation for Research and Education (F.RE.E.) 
Arrêté n° 000078/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 30 mars 2004 
18) Encadrement des Mineurs en Détention (EMINED) 
Arrêté n° 000207/A/MINATD/DAP/SDLP/SAC du 25 mai 2004 
19) Rendez-Vous Santé (RVS) 
Arrêté n° 000060/A/MEVATD/DAP/SDLP/SAC du 5 avril 2005
20) Partenariat pour le Développement par la Promotion de l'Enseignement Supérieur au Cameroun (SUP-DEVELOPPEMENT CAMEROUN)
Arrêté n° 21/A/MINATD/DAP/SDLP du 2 février 2007 ; 
21) Fondation Appolinaire ZOGNING pour la Maîtrise des Risques et Catastrophes (Fondation AZOMARC) 
Arrêté n° 27/A/MINATD/DAP/SDLP du 6 février 2007

Une enquête de Georges Alain Boyomo

 

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