On Life, love and Politics

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Joseph Mouyoumé : Le salaire du catéchiste January 25, 2010

Filed under: Religion,Society/Societe — kikenileda @ 4:30 PM

Les événements de jeudi dernier sont survenus après "l'agression" de cet homme de Dieu très écouté.

Jusqu'à 21h30, lundi dernier, la famille de Joseph Mouyoumé, catéchiste et notable du village Yangben, gardait encore les yeux ouverts. Comme dans une veillée sans corps, les uns et les autres devisaient en ingurgitant du vin de palme. Mais il ne fallait surtout pas se fier à cette écume de sérénité. La colère sourde dans la famille du catéchiste et à la paroisse saint André de Yangben, depuis l'arrestation, le 15 janvier 2010, de Joseph Mouyoumé, et sa garde à vue à la brigade de gendarmerie de Bafia. 


Suivant la version des villageois, c'est cet homme qui aurait été brutalement pris à partie par des éleveurs Bororo, alors qu'il campait en brousse pour récolter son cacao, sous le prétexte qu'il a tué un bœuf appartenant aux bouviers. "Depuis qu'il est en prison, nous ressentons le vide", lance l'une des ses sœurs. Son épouse affirme qu'elle rentrait du champ lorsqu'on lui annoncé la terrible nouvelle, selon laquelle que son époux avait été interpellé en pleine réunion paroissiale. "Je n'ai pas pu faire la cuisine ce jour-là", psalmodie-t-elle. "C'est lui le chef de famille. Quand il n'est pas là, nous sommes orphelins", renchérit son fils, la mine déconfite.

Selon Charles Okolong, notable du canton, "Joseph Mouyoumé n'est pas seulement l'adjoint au chef des notables Yangben, il est aussi un patriarche humble et très écouté" : "Nous ne pouvons pas accepter qu'il soit ridiculisé à ce point." D'après une commerçante exerçant au "Carrefour de la Croix", c'est dans la cour de la maison du catéchiste que les six bœufs ont été égorgés et partagés à tous les ménages du canton. Signe que cet homme, né le 30 mars 1950, est un "baobab" à Yangben. "Après le décès du chef de canton, Jean Mbaya en 1989, il y a eu, comme dans d'autres villages, des problèmes de succession. Les Yangben étaient divisés. Mouyoumé a joué un rôle décisif pour refaire l'unité. Il a utilisé tous les moyens, y compris la Bible pour arriver à son objectif", rappelle Charles Okolong. Eric Mbialé, l'un des fils du patriarche affirme : "Il est très ouvert, mais aussi radical lorsqu'il faut défendre une bonne cause. Il ne supportait plus que les bœufs des Bororo détruisent nos champs."

En dehors de ses plantations, Joseph Mouyoumé passait, avant qu'il ne soit écroué à Bafia, le plus clair de son temps à l'église. Il s'est engagé sur cette voie depuis 20 ans. Titulaire du Certificat d'études primaires et élémentaires (Cepe), il joue chaque dimanche le rôle de traducteur interprète à l'église. "Depuis qu'il n'est plus là, ce travail n'est plus bien fait", explique un villageois. Avant son interpellation par la gendarmerie, M. Mouyoumé se préparait, avec d'autres notables, à faire le tour du canton en vue d'appeler les populations à délier les cordons de la bourse pour l'achèvement des travaux de construction du foyer des Yangben. C'est plutôt dans une cellule qu'il égrène son chapelet depuis quelques jours.


Mutations

 

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