On Life, love and Politics

"Random musings about Life, love and Politics. Just my open diary on the events going on in the world as I see it."

Bertrand Teyou : Combattant de l’injustice sociale November 17, 2009

Filed under: Society/Societe — kikenileda @ 11:59 AM

Accusé d'opportunisme par certains, l'auteur de "l'Antécode Biya" appelle le chef de l'Etat à faire la différence entre ses fonctions de président du Rdpc et la République.

Malgré l'interdiction de la cérémonie de dédicace de son ouvrage mercredi dernier à Douala, Bertrand Teyou ne veut pas baisser les bras. Arrivé à Yaoundé hier après-midi, l'auteur de "L'antécode Biya", ce livre qui se veut l'antithèse du "Code Biya" écrit par le journaliste français François Mattéi, a tout mis en œuvre pour organiser une dédicace dans la capitale politique et dans un lieu tout indiqué : la Librairie des peuples noirs. Le sourire un tantinet ironique, il lance à l'endroit de la foule : "j'ose espérer que c'est un temple inviolable", faisant référence au fait que la ladite librairie créée en 1994 par feu Mongo Beti, et tenue depuis son décès par son épouse Odile Tobner. Ladite Librairie est en effet considérée comme un lieu mythique de débat.

En y organisant une dédicace prévue le 19 novembre prochain, ne déroge-t-il pas à son ambition de sortir son ouvrage du cadre politique et d'en faire une simple réflexion d'un citoyen camerounais ? Non, lance énergiquement cet homme volontaire. " J'ai essayé le Hilton, on m'a fait comprendre que ce n'est pas possible, au Djeuga j'ai reçu la même réponse. Où vouliez vous que j'aille faire cette dédicace? La librairie des Peuples noirs est la seule structure à m'avoir ouvert les bras et j'y vais. C'est d'ailleurs dans la même logique que j'ai annoncé dans vos colonnes que ma prochaine dédicace se fera au siège du Manidem à Douala. La proposition m'avait déjà été faite par le président Anicet Ekanè bien avant que je n'aille au Sawa mais je l'ai rejetée parce que je ne voulais pas que mon livre apparaisse comme un ouvrage politique. C'est pour cette raison que j'ai recherché un terrain autre que le terrain politique. Seulement, au point où j'en suis…"


Accusé d'opportunisme par certains, Bertrand Teyou, artiste designer à la base, réplique, sec : "Ce n'est pas de l'opportunisme. Je me suis tout simplement livré à un exercice de toujours. Je pense tout simplement que le "Code Biya" rédigé par François Mattéi est le comble du mépris à l'égard des Camerounais. Et je trouvais normal de réagir par rapport à ça. C'est une façon de réaffirmer notre conviction de toujours qui porte sur un projet d'alternance crédible". Il rappelle d'ailleurs la sortie, en 2007, de son hebdomadaire "Nation Libre ", qui a cessé de paraître, " par manque d'argent".
Et si la parution de son livre l'a mis au devant de la scène, Bertrand Teyou que ses proches présentent comme un personnage "bouillant, [mais], dynamique et entreprenant", a souvent fait entendre sa voix lors des combats civiques. A ce propos, on se souvient de sa sortie en mars dernier au quartier Météo à Douala, alors que les membres de l'Ong " Société civile ", où il tient le rôle de conseiller, s'y étaient déportés pour déguerpir des occupants illégaux du domaine public, en référence aux gros poissons de la République. Le groupe a été stoppé net dans son intention par des bidasses armes au poing. Au nom du respect de l'ordre public. 

Amalgame 
A ce propos, il confiait dans les colonnes de l'Effort Camerounais : " […] Quand il faut déguerpir les riches d'une zone qu'ils occupent illégalement, on évoque l'ordre public. Mais quand s'agit de casser les pauvres aux quartiers Ntaba, à Essos, au marché central ou à l'Avenue Kennedy à Yaoundé, ou encore au "Gazon", à Akwa à Douala, on ne connaît pas de raison d'ordre public. Allez donc savoir… Pour nous, c'est totalement erroné et c'est une sorte de justice à deux variables. Il n'est pas question de laisser faire".
Au sein de cette Ong, on dit militer pour l'égalité et l'épanouissement de tous. "On a été sur plusieurs fronts : nous avons dénoncé la disparition des neuf de Bépanda, on a fait en sorte que les citoyens camerounais soient traités de manière plus humaine au consulat de France à Douala. Nous avons mené des combats plus ou moins gagnés contre Aes-Sonel au sujet des coupures intempestives de fourniture de l'énergie électrique, etc.

L'essentiel pour nous c'est de renverser ce régime du pouvoir par l'argent, par l'avoir et par les abus " confiait-il à l'Effort camerounais en mars dernier. En 2003, alors qu'il fait partie des administrateurs de la Socadap, la société de gestion collective du droit d'auteur pour graphistes et peintres au sein de laquelle il était le représentant national des designers et architectes, Bernard Teyou y a été évincé par un arrêté du ministre de la Culture de l'époque, Ferdinand Léopold Oyono, "parce que la grille des répartitions intersociales comportait une faute arithmétique et j'ai osé attirer l'attention du ministre sur la question. Son entourage lui a dit que je l'insultais et il l'a mal pris". Cette désillusion dans le domaine du droit d'auteur n'a pas entamé sa combativité. Loin s'en faut.

Membre du bureau politique du Manidem depuis février 2008, Bertrand Teyou refuse qu'un parallèle soit établit entre la sortie de son ouvrage et ses activités politiques. "Ce livre n'est pas un programme politique des activités du Manidem. Ce que j'ai décris dans mon livre est tout simplement ce que vivent les Camerounais". A ceux dans les esprits desquels l'amalgame se serait fait entre ses écrits et ses convictions politiques, il indique que "le Manidem est un support [de mon action politique]. Je pense qu'à un moment, il faut pouvoir choisir un camp. Je fais clairement la différence entre mon engagement citoyen et politique. J'aimerais d'ailleurs que le président de la République puisse également faire la part des choses entre le président du parti qu'est le Rdpc et ses fonctions de président de la république. Quand il s'adresse aux militants du Rdpc, ce n'est pas à tous les Camerounais qu'il s'exprime".

Dans la même lancée, Anicet Ekané, le président du Manidem qui présente Bernard Teyou comme quelqu'un qui "défend âprement son point de vue" s'étonne de la frilosité avec laquelle le pouvoir a accueilli la sortie de ce livre. Il déclare à cet effet : "cet ouvrage est une communication hors du parti. Ce n'est pas une production du Manidem. La preuve, on a su que Teyou est du Manidem lorsque la dédicace a été interdite. Son livre n'est qu'une contre-expertise du bouquin de Mattéi". Et M. Ekané de poursuivre : "Il présente tout simplement Biya sous ses aspects réels à la différence de Mattéi. M. Teyou ne dit pas des choses que l'on n'a pas encore dites. J'ai lu ce livre et je n'y ai rien vu d'extraordinaire".
Et alors que dans certains milieux on évoque la publicité faite autour du livre, Bertrand Teyou fait la moue : "je n'en ai pas besoin car elle déshonore davantage l'image du pays. Je ne m'en réjouis pas car, à travers cela, le pays se rend populaire par ses actes de répression"

Dorine Ekwè

 

One Response to “Bertrand Teyou : Combattant de l’injustice sociale”

  1. Toutes mes félicitations à Bertand Teyou pour son audace. Son effronterie me rappelle celle de Célestin Mongo il y a quelques années. J’ai pas encore lu son ouvrage, L’Antecode Biya. Je vais le lire sans doute, mais d’ores et déjà, je m’en réjouis car son oeuvre est une tentative de dévoiler les inanités et magouilles qui se fabriquent dansl’Hexagone aux fins de la consommation au Cameroun. La lutte continue!


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