On Life, love and Politics

"Random musings about Life, love and Politics. Just my open diary on the events going on in the world as I see it."

Le pouvoir de Paul Biya et le conflit de générations November 10, 2009

Filed under: Politics/Politique — kikenileda @ 10:55 AM

Au bout de 27 années de règne, comment un dirigeant, quel qu’il soit,
ne peut-il pas se retrouver confronté à un important conflit de
générations ? Telle est la question cruciale qui se pose face à Paul
Biya en ce moment, au bout de sa troisième décennie de présidence de la
République. Question d’autant plus importante qu’il n’est plus de la
première fraîcheur, loin s’en faut. Il compte bel et bien, dans sa
chair, 76 années !!! Aïe ! C’est beaucoup trop pour un chef d’Etat, au
regard du poids de la fonction. A moins que le concerné ne s’en
préoccupe pas beaucoup, ainsi qu’il en donne l’impression par ses
interminables séjours à l’étranger.

LE MONDE AUX MAINS DE QUINQUAGENAIRES

En ce début de 21ème siècle, n’en déplaise aux propagandistes de
Paul Biya, les grands dirigeants du monde ont tous, actuellement, la
cinquantaine: Barack Obama, 48 ans, président de la première puissance
mondiale; Nicolas Sarkozy, 54 ans, dirigeant de la cinquième puissance
mondiale ; Tony Blair, 56 ans ; Vladimir Poutine, Premier ministre de
Russie, 57 ans ; Angela Merkel, chancelière d’Allemagne, 55 ans ;

Dimitri Medvedev, 54 ans. Paul Biya, lui-même, en accédant au
pouvoir, n’avait que 49 ans. Actuellement, il en a … 76 ! C’est
beaucoup trop.

AGE ET VISION DU MONDE

La corrélation entre l’âge d’un être humain et sa vision du monde
est évidente. Les hommes, quoi que l’on puisse penser, sont prisonniers
de l’époque dans laquelle ils ont passé leur enfance, ont grandi, se
sont épanouis. C’est généralement la musique de cette époque qu’ils
traînent jusqu’à la mort, les héros, les valeurs et les légendes de
celle-ci. C’est ce qui explique que des personnes, quoi que extrêmement
douées, se retrouvent, régulièrement, en déphasage avec les réalités du
moment. Leur mental est demeuré prisonnier d’une époque qui a changé,
d’une époque qui n’existe plus.

PAUL BIYA: HOMME DE L’EPOQUE COLONIALE & DE LA DICTATURE

Paul Biya, pour le malheur du Cameroun, a grandi, d’abord sous la
colonisation, ensuite sous la dictature, à l’époque d’Ahmadou Ahidjo.
Il est prisonnier de cela. On le voit bien. Tout d’abord, il demeure en

extase devant la peau blanche, en bon étudiant des colonies qu’il
a été à la fin des années 1950. Il n’est que de voir combien il
bataille pour se faire prendre en photo auprès des dirigeants des pays
occidentaux, et combien il snobe ses pairs africains. Le moindre Blanc
de passage à Yaoundé est reçu, en grande pompe, par lui, sourire
radieux aux lèvres, ses 32 dents à découvert. Tandis que lorsqu’il
s’agit d’un émissaire de pays arabes et africains, zéro audience. Il
charge le Premier ministre de recevoir le personnage. Deuxièmement, il
reproduit le modèle de pouvoir colonial, à savoir, tenir à distance les
collaborateurs « indigènes », maintenir, coûte que coûte, une distance
respectueuse, oppressante et terrifiante avec ceux-ci. Il est frappant
ainsi de constater que lors des défilés du 20 mai, il descend de sa
voiture le visage pratiquement en deuil, pas l’ombre d’un sourire sur
celui-ci. Après l’exécution de l’hymne national, il gravit les marches
de la tribune officielle, le visage lugubre, et en regardant ses
chaussures, pour ne pas avoir à croiser les yeux de quiconque. Enfin,
une fois installé à la tribune, il porte son regard au loin, perdu dans
le néant, pour ne pas avoir à croiser celui de quelque personne assise
dans la tribune.

Il sourit à peine. Applaudit rarement. Ses proches collaborateurs
assis à ses côtés dans la tribune d’honneur, sont ainsi crispés,
n’applaudissent que lorsqu’il le fait, ne sourient que lorsqu’il le
fait, ne se livrent à aucun commentaire, puisque lui en fait à peine.
Enfin, fruit de la dictature d’Ahmadou Ahidjo, il est totalement
hérétique à toute idée de contestation, de revendication, de
réclamation. C’est véritablement à contrecoeur qu’il a accepté le
retour au multipartisme au Cameroun. Il n’a cédé à cette exigence de
François Mitterrand, que parce qu’il n’en avait pas le choix. C’était,
se plier ou vider la plancher.

HOMME DE DROITE ET CONCERVATEUR AU PLUS HAUT POINT

En plus de ce passé de Paul Biya, il faudrait ajouter le fait qu’il
est, avant tout, un conservateur né. Il est totalement rétif à
l’innovation. Avec lui, c’est le gel de tout. Rien ne doit bouger. Rien
ne doit changer. Tout doit demeurer en l’état. Il faut « conserver les
acquis ». Ce n’est pas tout, il fuit comme un homme fuit la mort, tous
les endroits ou l’on parle de révolution, de changement, d’innovation.
Le futur, pour lui, n’a de sens que dès lors qu’il reproduit le passé,
le perpétue, car « c’est comme ça que l’on a toujours fait et tout a
toujours bien marché ». Un tel personnage a-t-il sa place auprès des
innovateurs nés tels que Nicolas Sarkozy ou Barack Obama, ses « pairs
et homologues » ?

BLAGUE

Paul BIYA est sur le point d’embarquer dans l’avion qui l’amène à
l’étranger. Ses gosses sont avec lui. Ceux-ci sont impressionnés par
les nombreux vieillards, à l’instar de leur papa de Chef d’Etat, qui
font la révérence à ce dernier. Alors, l’un des gosses tire Paul BIYA
par le veston. « Papa, ces grands-pères ont-ils leurs Facebook ? ». «
Aaaakye ! » s’exclame-t-il « c’est encore quoi euh…euh… Face quoi ! Mon
fils ? ».

 

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