On Life, love and Politics

"Random musings about Life, love and Politics. Just my open diary on the events going on in the world as I see it."

Obsèques : Omar Bongo enterré dans le secret June 20, 2009

Filed under: Politics/Politique — kikenileda @ 6:00 PM

Le chef de l'Etat gabonais a été inhumé hier à Franceville loin des curieux.


Le
mystère, qui planait depuis une semaine et l'arrivée de la dépouille
présidentielle à Libreville, s'est encore épaissi pendant les
cérémonies de mise en terre d'Omar Bongo Ondimba en sa résidence de
Franceville. Comme mercredi dernier en soirée, lors de l'ultime
veillée, les "rituels" du lendemain ont été interdits à la presse. Au
palais présidentiel du bord de mer, nombreux étaient en effet ceux qui,
de leurs propres yeux, voulaient témoigner de ce que "OBO" était
vraiment mort. Ils ne pourront jamais le certifier, l'imposant
cercueil, couvert du drapeau national, étant intégralement fermé – et
donc n'ayant aucune fenêtre vitrée pouvant permettre de percevoir la
tête du mort. Jeudi était journée "chômée et payée" au Gabon, selon une
décision du ministre du Travail, de l'Emploi, de la Prévoyance sociale
et des Relations sociales. Ce terme, davantage par ces temps d'obsèques
nationales, renvoie à la fermeture de tous les services publics et
privés, mais aussi des commerces. Dans la capitale, le consulat de
France, mais aussi le bureau du Pari mutuel urbain gabonais (Pmug)
étaient les seuls points de concentration humaine, dans une ville à la
fois vide et silencieuse. Pendant le deuil, les paris continuent…


Plus
d'une heure avant l'enterrement, et alors que se déroulait la "palabre
familiale" à Franceville, les envoyés spéciaux des chaînes de
télévision, locales et étrangères, ont été priés d'éteindre leurs
caméras. Leurs antennes se contenteront des vidéogrammes larmoyants
diffusés depuis plus d'une semaine, d'images de gloire du disparu ou
encore du témoignage récurrent et fort ému de l'artiste de RnB Akon,
qui depuis Dubaï – et en anglais dans le texte – salue la mémoire d'un
"homme exceptionnel". Dans l'entourage familial, beaucoup n'étaient pas
outre mesure surpris par cet enterrement dans le plus grand secret,
d'un chef qui aura tenu son pays d'une main ferme pendant 41 ans. on a
invoqué des dissensions, mais surtout l'intransigeance de l'aîné du feu
président, Antchoua, chasseur anonyme dans une autre vie et qui était
devenu un personnage fort influent du "bongoïsme". Inconsolable depuis
la tragique nouvelle du 8 juin dernier, et pratiquement mis à la touche
pendant la phase de maladie qui a emporté celui qui l'a fait, il aurait
juré, devant témoins, d'ouvrir le cercueil de ses propres mains et de
"laver" son frère. Avant de disparaître à son tour dans la brousse pour
ne plus en revenir ; si oui mort.

Appels au sursaut
Entre
ce vendredi et demain, devrait intervenir la démission du Premier
ministre Jean Eyeghé Ndong – fort critiqué pour avoir voulu dissimuler
la mort du président – et de son gouvernement. Ce sera alors le début
de ce que les observateurs qualifient de "grande bagarre" pour la
magistrature suprême. C'est la période que tout le monde appréhende :
elle pourrait déboucher sur des dérapages au sein même du Parti
démocratique gabonais (Pdg, au pouvoir).
En semaine, le secrétaire
général de cette formation, Faustin Boukoubi, rappelant le testament
présidentiel, s'inquiétait déjà "des divisions au sein du parti et du
double jeu pratiqué par certains de ses cadres". En écho, le Premier
ministre avait le lendemain fustigé les "apprentis sorciers" aux
aguets, prêts à tout pour se hisser sur le trône. Le président par
intérim, Rose Francine Rogombé, en appelait elle aussi à un "sursis
d'orgueil" en vue de préserver l'héritage légué par Omar Bongo Ondimba.
Des paroles qui, dans le contexte actuel, traduisent de vives
inquiétudes aussi bien de la classe politique que des citoyens.

Si,
pendant ces moments d'affliction, Ali Ben Bongo se sera détaché du lot
par ses faits et gestes, allant parfois jusqu'à apparaître comme le
successeur "naturel" de son père, la partie semble loin d'être jouée
d'avance. "Certes, analyse Lucien Minko, rédacteur en chef de Gabon
Matin, l'hebdomadaire de l'Agence nationale de presse, les grandes
manœuvres ont commencé dans les coulisses. Mais la sagesse voudrait que
dans la course à la succession qui s'est engagée, tous les candidats
partent avec les mêmes chances, sans qu'il y ait besoin de mettre
certains en orbite alors qu'ils n'ont pas encore été désignés par le
suffrage universel." Mais bien avant même cette étape, en dehors d'une
opposition de plus en plus décrédibilisée et d'un fichier électoral
obsolète et dont la refonte – si elle a lieu – pourrait largement
déborder les 45 jours prévus pour la période transitoire, la "grande
bagarre" risque d'opposer les "éléphants" du Pdg. "Ici, du premier
cercle au dernier carré des fidèles d'Omar Bongo, c'est chacun qui se
réclame de l'héritage du feu président, s'émeut Tony Engouma, cadre à
la chaîne Téléafrika. Ils pensent détenir les mêmes richesses et jouir
de la même légitimité devant le peuple."

Félix C. Ebolé Bola, à Libreville

 

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