On Life, love and Politics

"Random musings about Life, love and Politics. Just my open diary on the events going on in the world as I see it."

Marcel Kemadjou déshabille le quartier Makéa June 20, 2009

Filed under: Uncategorized — kikenileda @ 5:56 PM

Dieu n’a pas besoin de ce mensonge, tel est le titre du roman qui passe
en revue les mœurs ayant libre cours dans ce quartier populeux de
Douala.


“ Dieu n’a pas besoin de ce mensonge ”,
sous la plume de Marcel Kemadjou Njanke, le lecteur retrouve dans cette
parturition romanesque de 133 pages, une compilation des faits et des
vécus narrés avec une verve déroutante, un langage teinté de
néologismes à la camerounaise et un style où les images trouvent leur
champ d’expression. Dès la première de couverture, au-delà du titre, le
lecteur a une indication à travers la mention “Racontages” qui illustre
à suffisance la quintessence de la trame narrative que tisse Marcel
Kemadjou Njanke. Cinq articulations principales couvrent les 133 pages
d’un ouvrage issu de l’écurie des éditions Ifrikiya. Le premier récit
est celui qui a prêté son titre à l’ensemble du roman.


Dieu n’a pas besoin de ce mensonge conte les anecdotes caustiques de
Ahmaria contrainte par son géniteur d’épouser un richissime homme
d’affaires dans le dessein “d’éloigner la pauvreté de la case
paternelle”. Au bout du rouleau, ennuis, isolement, chagrin sont le
quotidien d’une coépouse en mal d’affections. C’est sur ces entrefaites
qu’elle fait la connaissance d’un enseignant de philosophie, athée par
essence avec qui elle file le parfait amour via des correspondances
téléphoniques (coups de fil, short messages services (Sms)). Son
nouveau jules, Christophe lui propose de divorcer d’avec l’homme
d’affaire, Mallam, afin de l’épouser. Ahmaria pose des préalables.
Christophe doit s’islamiser à tout prix. Ce dernier, campant sur ses
positions idéologiquement proche de la négation de Dieu déclare que
même le créateur n’aurait pas besoin de ce mensonge car en s’islamisant
il le ferait sans conviction.

Ecrivain engagé
Le deuxième centre d’intérêt est intitulé “Madame fait divers” C’est la
peinture imagée des problèmes de ménages qui meublent le quotidien des
habitants du quartier Makéa. “Comment on utilise une matraque
pour mater la liberté” tel est le titre du troisième chapitre qui
revient sur les comportements liberticides des forces de l’ordre qui
torturent, embastillent les populations par orgueil et zèle. “Un long
–long rang” et “le livre de la cuisine des sourds-muets” sont les
derniers textes qui clôturent l’ouvrage. Dans l’ensemble, Dieu n’a pas
besoin de ce mensonge est un roman de lecture facile, agréable même si
au demeurant quelques coquilles ternissent un travail qui vaut son
pesant d’or. (Page 75, 3ème paragraphe : “ sur le poteau étaient
clouées des pancartes… ”).
On peut également déplorer le caractère détachable des pages qui au
finish trahit des insuffisances dans la qualité de l’édition. Marcel
Kemadjou Njanke, bien connu des milieux des poètes, n’est pas à sa
première publication. Des recueils de poèmes et de nouvelles portent
bel et bien son estampille. A plein temps, il est commerçant installé à
Douala et coordonne le festival international de poésie 3 V. C’est donc
un homme vivant dans et par la culture parce que mordu par le virus de
la création qui s’ingénue au quotidien à décrypter la société au sein
de laquelle il joue un rôle. Ecrivain engagé, réaliste ou poète
inconditionnel ? Marcel Kemadjou N. semble insaisissable…et affirme
néanmoins qu’il est un témoin de l’histoire qui passe… 

 

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