On Life, love and Politics

"Random musings about Life, love and Politics. Just my open diary on the events going on in the world as I see it."

Menace permanente June 17, 2009

Filed under: Current News/Actualites — kikenileda @ 1:35 PM

Laurent ABAH

En toutes circonstances, le respect de la loi est certainement le début
de la sagesse. Les acteurs du secteur des motos-taxis qui avaient
célébré il y a six mois avec une certaine euphorie le respect de leurs
droits avec les textes régissant un secteur d’activité sorti du bois,
devraient raisonnablement aujourd’hui honorer leur parole en acceptant
une juste application de la loi. Dura lex, sed lex. Au-delà des débats
passionnés, des querelles partisanes et de tous les motifs évoqués pour
se soustraire à l’application de la règle bienfaisante pour tous, la
vraie épée de Damoclès qui pèse sur la pérennité de ce secteur
important de l’économie nationale reste indiscutablement la sécurité.

Le coût supposé très élevé de la paperasse administrative,
l’observation des règles élémentaires de sécurité et du code de la
route ne sont pas un luxe hors de portée des propriétaires et
conducteurs de motos-taxis. Le danger au tournant d’une trop longue
tolérance administrative, est l’enlisement vers un ensauvagement de
l’espace urbain aux conséquences désastreuses pour ce qui compte le
plus: la vie. Pour de nombreuses familles déjà laminées par la
paupérisation ambiante, la récurrence et la gravité des accidents de la
circulation sont insoutenables. Le dilatoire sur l’organisation du
métier ne fait donc plus recette au regard du prix humain à payer.
Quand on s’achète une moto, on doit bien pouvoir s’acheter un casque et
s’inquiéter en prenant une assurance de la vie des autres si on ne
tient pas tout simplement à sa propre vie. Le pack gratis – écorchure,
blessure, fracture – est une facture trop salée servie au quotidien
dans nos villes et campagnes. Comment oublier en effet que l’hôpital
Laquintinie à Douala abrite un pavillon dédié aux « bendsikineurs ».
Ici, on ne célèbre plus la saga virevoltante des seigneurs à deux roues
ou les arabesques réalisées avec bravoure et passage en force entre les
voitures. Ce qui triomphe ici ce sont les regrets éternels d’une
mauvaise conduite que les larmes de douleur ne suffisent plus à
effacer. L’irréparable s’est souvent déjà produit.

L’heure est grave et le temps de l’action est venu. Le goût du
sang et le coût du sang sont un trop lourd tribut à payer pour la
survie d’une activité dont personne ne nie l’utilité. L’avenir de
l’activité doit s’écrire aujourd’hui. Le fil conducteur de la démarche
consiste à faire accepter la nécessité d’organiser et d’appliquer la
règle tout simplement. On ne peut plus faire l’économie d’une
communication vérité sur la notion de responsabilité partagée de la
chose publique et de la notion de « respect de l’intérêt général »
Certes, une tendance bien de chez nous est de mettre en avant des
intérêts particuliers. Elle fait plus de place à la combinaison des
moyens de destruction dont elle dispose et des penchants nihilistes
issus de la détresse urbaine pour s’enraciner. Quels nombres de
victimes faut-il atteindre pour accepter enfin de mettre de l’ordre
dans un secteur qui le mérite bien pour défendre son développement
harmonieux ? Telle est la question à laquelle chacun qui anime le
passionnant débat sur le métier de « bendsikineurs » devra trouver une
réponse. L’action publique pour réguler le secteur ne doit donc pas
être perçue comme un acharnement.

 

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