On Life, love and Politics

"Random musings about Life, love and Politics. Just my open diary on the events going on in the world as I see it."

Dépravation des mœurs, Internet: une industrie du sexe en devenir au Cameroun June 14, 2009

Filed under: Politics/Politique — kikenileda @ 12:38 PM
Rencontres,
téléchargements et échanges d’images pornographiques, réseaux de
prostitution sont autant de systèmes développés sur Internet. Le marché
est en pleine expansion dans le pays.

Carrefour Ange Raphaël à Douala, mardi 19
mai 2009. Il est un peu plus de 19 heures. L’endroit grouille de monde.
Certains sont en train de rentrer chez eux après une dure journée de
labeur. Les gérants des cybercafés quant à eux se préparent à une
énième longue nuit. Louis Paul en est un. Le large sourire dont il nous
gratifie lorsque nous lui annonçons l’objet de notre reportage laisse
penser qu’il pourrait avoir beaucoup de choses à dire au sujet du sexe
sur Internet au Cameroun.

 A l’intérieur, vingt trois machines (parmi
lesquelles huit dans des box d’isolation) sont toutes occupées par des
gens connectées sur Internet. Premier constat : dix huit sont des
femmes. “ Généralement, entre 18 heures et 23 heures, nous recevons
plus de clients que tout le reste de la journée ”, explique notre hôte.
Il connaît bien les habitudes de ses clients, surtout les plus
réguliers. “ Celle-là, par exemple, vient ici tous les jours et en a
pour au moins deux heures. Au début, je lui servais de moniteur et je
lui ai appris à surfer, à tchatcher, etc. ”, explique Louis Paul. Elle,
c’est Sandrine, 25 ans, étudiante en 2e année de droit à l’université.
Pas du tout gênée quand on l’aborde, elle explique ce qu’elle recherche
sur Internet : “ comme beaucoup d’autres femmes, je viens m’amuser à
faire des rencontres avec des hommes du pays ou d’ailleurs ”.

Si certaines comme Sandrine souhaitent
juste des rencontres, d’autres y viennent pour des choses pas toujours
avouables. Dans un autre cybercafé situé non loin de là, une jeune
femme refuse catégoriquement de parler. Certainement outrée par notre
intrusion dans son box alors qu’elle regardait une vidéo très érotique
qu’elle venait de télécharger. La gérante, pas très dérangée par ce
petit incident qui a causé des éclats de voix, veut bien faire partager
ce qu’elle vit quotidiennement. “ De plus en plus, des gens explorent
d’autres choses sur Internet. Dans nos box, il y a parfois des bruits
de voix qui nous font deviner qu’une personne vient d’arriver à la
jouissance par la masturbation, soit en regardant une vidéo porno
téléchargée, soit en interagissant avec un correspondant via la
messagerie instantanée ”, raconte en effet Aimée.

A la recherche des sensations fortes

Les personnes rencontrées dans des cybercafés de Douala, hommes et
femmes, clients comme gérants, expliquent que “ les gens sont à la
recherche des sensations fortes ”. Elles affirment que l’envie de
s’adonner à ce type de pratiques est accrue par la large ouverture des
populations aux médias occidentaux. Et encore plus par les récits des “
mbuenguistes ”, ces Camerounais qui vivent à l’étranger et qui viennent
de temps en temps au pays. Avec ce qu’ils apprennent comme pratiques
sexuelles et autres fantasmes, il est facile pour eux de les appliquer
dans leur pays d’origine, surtout que les proies sont faciles. Argent
et sexe vont de pair. “ Très souvent, ces gens éblouissent les filles
avec les euros et réussissent à leur faire faire des trucs sexuellement
obscènes qu’ils échangent ensuite sur Internet ”, explique Marcel K.,
propriétaire de trois cybercafés dans la capitale économique.

Mais, il ne s’agit pas toujours de tromperie, mais aussi de la
recherche des sensations fortes, réplique Gisèle, une jeune femme de 27
ans. Cette résidente du quartier Ndogbong raconte qu’elle s’est “
retrouvée en train de tourner des vidéos avec un de mes gars. Nous
avions l’habitude de voir ces scènes dans des films ou sur des sites
Internet. Et finalement, nous avons décidé de passer le cap ”.
Seulement, le gars de Gisèle a posté ces vidéos à des amis…Dans les
couples, les comportements sexuels ont profondément été modifiés. Les
gens s’adonnent de plus en plus au triolisme, à l’échangisme, au sado
masochisme, etc. Même si la quête d’argent est le mobile le plus
courant, l’on veut trouver le nirvana autrement “ que nos
grands-parents ”. Les plus accros, surtout les hommes, sont d’ailleurs
prêts à débourser de l’argent pour trouver des partenaires. Ce qui a
rapidement créé ce qu’il convient de dire “ prostituées virtuelles ”.
Elles accrochent leurs futurs clients, les conduisent sur la messagerie
instantanée, et usent de tous les moyens possibles (strip-tease en
live, envoi des photos de nu, etc.) pour extorquer de l’argent à leurs
correspondants. Celles qui parviennent à la rencontre physique s’en
sortent plus facilement. Seulement, les photos et les vidéos faites au
cours de ces rencontres circulent sur Internet. Les jeunes élèves de
Saker concernées par le scandale (voire article ci-dessus) ne sont pas
forcément des prostituées du Net. Mais, par la force des choses, et
surtout des perversions, elles se retrouvent dans le même lot. Dommage
!

Alain NOAH AWANA

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