On Life, love and Politics

"Random musings about Life, love and Politics. Just my open diary on the events going on in the world as I see it."

Le chien qui attrape son gibier par la queue June 9, 2009

Filed under: Uncategorized — kikenileda @ 9:22 AM

Augustin Kontchou Kouomegni avait des gros yeux pour effrayer ses
vis-à-vis ; Jean Pierre Biyiti Bi Essam a des belles lunettes et du bon
français vif truffé des phrases assassines. Si l’actuel ministre de la
Communication était une femme, son alter ego dans l’histoire serait
Marie Antoinette de ce regretté roi de la révolution française.


Vous menez une enquête sur le terrain et rapportez des nouvelles, comme
mon collègue Denis Nkwebo en avait fait à Bakassi, et le publiez sans
laisser quelque élément au «frigo», le justicier Biyiti bi Essam vous
condamne. Un pouvoir mal élu décide de modifier une Constitution aussi
mal adoptée et que les populations veulent débattre sur cette
modification, «son excellence» Biyiti bi Essam sort son « arrêté » pour
suspendre tout organe qui s’intéresse à ce débat suivi d’interdiction
de toute manifestation contre la modification. Pour lui, la presse doit
cesser d’être la sentinelle pour le peuple mais servir les ambitions
étroites des politiciens.
Yves Michel Fotso se sent mal à l’aise du fait que les informations qui
circulent à son sujet sont inexactes et sollicite des espaces dans les
médias pour donner sa version des faits, le procureur Biyiti bi Essam
sort pour crier haro sur le baudet: le fils du milliardaire de Bandjoun
est en train d’obstruer la procédure judiciaire et les journalistes qui
relaient ses propos sont passibles de procès. Mais quand ce même Biyiti
bi Essam, sous enquête policière pour ce qu’on appelle en anglais
«misappropriation» des fonds publics, est interviewé pour donner sa
version des faits, les journalistes font bien leur travail.
Donc, au Cameroun, en ce moment tout journaliste qui voudrait pratiquer
en toute quiétude devra s’assurer qu’il ne fera rien que de la
communication institutionnelle. Toujours interviewer le ministre de la
Communication. Et ensuite, il devra s’assurer qu’il ne commettrait pas
des fautes en français […] Jean Pierre Biyiti bi Essam ne blague pas
avec ceux qui ne maîtrisent pas la langue maternelle du Cameroun: le
français.
Ce qui amuse un peu dans le papier du ministre de la Communication,
c’est cette allégation qu’il ferait acheter les Dictionnaires lors des
prochaines «dotations à la presse». Autant que je me souvienne, j’ai
entendu Pius Njawe affirmer haut et fort que ce qu’on appelle «aide à
la communication privée» n’était pas la façon la plus appropriée
d’aider la presse camerounaise. Il avait donc dit qu’il n’allait pas
s’associer à une sorte de détournement de deniers publics. Alors, cette
intention d’offrir un dictionnaire était-elle une sorte de moquerie à
l’encontre de l’indépendance du promoteur du Messager? Tir loupé donc.

De quoi le ministre de la communication a-t-il peur?
Formé en journalisme, il sait très bien que la presse ne peut pas
renverser un gouvernement comme celui du Cameroun mais peut, à la
longue, à travers les articles fouillés comme elle en fait depuis un
certain temps, le délégitimer. Célestin Ngoa Balla doit être en train
de manger des bons «Hot Dogs» là où il est au pays de Barack Obama,
sinon il serait dans une chambre de détention s’il était au Cameroun en
ce moment.
Et quand Jean Pierre Biyiti Bi Essam s’offusque de l’utilisation de
certains termes par Ngoa Balla il se baserait sur les normes
déontologiques qui ne collent pas à ce cas précis. Pour sa gouverne, il
doit se rappeler que Chantal Biya est la première dame du Cameroun.
Donc son image rejaillit sur tout le pays. Paris Hilton est une star de
la vie mondaine, celle même qui a un site où elle pose nue. Que la
première dame Camerounaise fasse une «bicycle salute» à Paris Hilton
comme celui que Monseigneur Desmond Tutu avait fait au président Biya
(chose vue à la télé), il n’y a pas de problème.
Ensuite, inviter Paris Hilton au Cameroun? Pourquoi faire? Montrer à
nos filles de visu comment on pose nu pour devenir une star? Qui va
payer cette note là Jean Pierre Biyiti bi Essam? Que cette pute est
célèbre, certes. Mais Osama Bin Ladin est célèbre […] Si Biyiti Bi
Essam n’avait pas perçu le sens de la célébrité de Paris Hilton que les
républicains voulaient coller à Obama, donc notre ministre-spécialiste
du français est ce personnage du livre Le Vieux Nègre et la Médaille de
Ferdinand Léopold Oyono. Si Biyiti Bi Essam est fier de cette photo, il
est certain qu’il traîne les casseroles de l’argent de la couverture de
l’arrivée du Pape au Cameroun. Et c’est Alain Blaise Batongue qui après
l’avoir rencontré posa cette question sibylline: «l’homme traqué?» Les
Journalistes devront donc continuer à enquêter et étaler sur comment
cette somme de sept cent soixante dix millions a été dépensée par le
Mincom. C’est l’argent de tous les Camerounais, même si on nous parle
«d’une dotation de la présidence de la République». Comme si le
président de République était un homme d’affaires qui a des sociétés
propres et peut prendre de l’argent là-bas pour en faire des dotations.

Et quand Jean Pierre Biyiti Bi Essam accuse «ceux qui ont choisi
l’ignoble commerce de vendre à l’encan leur pays contre… un passeport,
une carte de séjour», je me demande si le Mincom n’est pas ce chien qui
attrape son gibier par la queue?

Le Cameroun, une curiosité à l’étranger
Pour la petite histoire, j’étais au Danemark en septembre 2007 et avais
rencontré une journaliste du quotidien Politiken. Quand celle-ci a su
que j’étais un journaliste camerounais, elle m’a approché. Sa toute
première question était celle de savoir «comment fonctionne le pays de
Roger Milla (ah oui notre trésor, Milla) avec deux Constitutions».
Quand je lui avais dit que le Cameroun n’avait qu’une seule
Constitution elle me dit sèchement que nous avons une de 1972 et
l’autre de 1996. S’en est alors suivi une invitation à leur conférence
de rédaction le lendemain. Elle sort donc son portable pour informer sa
hiérarchie qu’il y a un journaliste du Cameroun qu’elle invitait pour
la conférence de rédaction du lendemain. Je l’avais arrêté net en lui
faisant savoir que je ne connaissais rien en droit et ne pouvais
aborder des questions sur la Constitution. Elle me fait comprendre
qu’on abordera d’autres sujets mais je tiens ferme.
Au fait entre Jean Pierre Biyiti bi Essam à qui le ministre des
Finances informe qu’il lui envoie plus de 700 millions de Fcfa – facile
à détourner – (Essimi Menye ne pouvait pas envoyer cet argent sans l’en
informer au téléphone) et il n’objecte pas pour préférer la monnaie
fiduciaire et Joe La Conscience qui chercherait un visa pour fuir parce
qu’il ne peut pas manifester son mécontentement au Cameroun, qui vend
le pays à l’encan? Quand le ministre de la Communication affirme qu’il
a reçu des centaines de millions en espèces et a appelé Crtv, Camtel et
Sopecam pour venir décharger leur part, quelle est l’image qu’il veut
donner au Cameroun de Roger Albert Milla? Et quand un ministre agrégé
des universités comme Maurice Kamto se fait battre par le candidat d’un
Etat « néant » comme la Somalie, ou un autre agrégé, Joseph Owona fait
suspendre le Cameroun par la Fifa (sous prétexte d’administrer un cours
de droit comme l’avait écrit Jacque Blaise Mvié dans la Nouvelle
Expression) en refusant de respecter les textes ratifiés par le
Cameroun, qui vend le pays à l’encan? On peut encore se demander que
quand Jacques Fame Ndongo (il était directeur de l’Esstic) déclare
qu’on pouvait chasser tous les anglophones de la Crtv et il en
formerait 100 et que le même Fame Ndongo (ministre) fasse admettre ceux
qui n’ont pas concouru à la faculté de médicine de Buéa, dis-moi Jean
Pierre Biyiti bi Essam , où va le pays de Roger Albert Milla? Quand
pour une réunion du Commonwealth au Nigeria, le ministre camerounais
arrive en retard sans que son vis-à-vis Nigérian en soit informé ou que
les dirigeants du Cameroun fassent promener leurs enfants dans le monde
en période de classe, c’est quelle image qui est écornée?

La métaphore du chien et du gibier
Le ministre de la Communication avait posé de surcroît une question
professionnelle à Pius Njawe. La question semble ne pas avoir du sens
quand on sait que la vraie presse est anti-establishment. Comme l’avait
établi Lord Northcliffe, le fondateur de la Fleet Street Londonien
(siège de la plupart des journaux britanniques) «le peuple croit qu’il
est mal gouverné et il faut un bon journaliste pour lui fournir des
informations lui permettant de jouir pleinement de sa citoyenneté le
moment venu». C’est ce que Njawe fait avec son journal même si des fois
certains des ses journalistes enfreignent cette règle. C’est ce qui
arrive presque partout. On a vu Janvier Mvoto Obounou attribuer, dans
Cameroon Tribune, ceci à un soi-disant habitant de Bamenda quand Paul y
était en 1990: «Paul Biya na some man». En Français vous dites «Paul
Biya, c’est vraiment quelqu’un». Je suis originaire de la zone et ne
reconnais ce genre de langage étranger chez nous. Si quelqu’un de
Bamenda (en dehors de Mvoto Obounou lui-même ou un agent du Cener)
aurait tenu des propos pareils, il aurait dit «Paul Biya na man ou Paul
Biya na popo man». Il ne me souvient pas avoir entendu Jan Pierre
Biyiti bi Essam dire à Janvier Mvoto Obounou qui est un de ses
directeurs d’aller au recyclage journalistique se pouvoir en pidgin de
Bamenda afin de rendre ses reportages fidèles.
Non, le langage du ministre de la Communication est devenu vague au
point d’être dénué de sens, et dénué de sens au point de devenir
menaçant. C’est cela qu’il faut craindre.
Cela relevé, je poserai cette question patriotique à M. le ministre de
la Communication du Cameroun Jean Pierre Biyiti bi Essam. Pourquoi le
régime au pouvoir a-t-il choisi de sacrifier le développement du pays à
travers l’absence d’un programme clair, pour l’enrichissement
individuel et l’achat de consciences? Regardez le nombre d’immeubles
construites par les dignitaires du régime et ses fonctionnaires.
Mon père avait un chien appelé Mark. Un jour on est parti à la chasse
et on a croisé un hérisson que Mark a poursuivi. L’animal a voulu
grimper sur un arbre puisque Mark était proche de l’attraper. Au lieu
d’attendre que je vienne le tuer avec ma fronde, voilà Mark qui saute
et attrape le hérisson par la queue et le gibier lui administra une
morsure sur le nez, forçant Mark à le lâcher. Et le hérisson disparut
dans la forêt, me laissant avec Mark qui avait une grosse blessure sur
le nez.
Si M. Biyiti Bi Essam avait suivi Njawé sur une télé locale parlant du
rédacteur en Chef du Sowetan et Nelson Mandela, il aurait appris
comment gérer les informations négatives contre son gouvernement.
Comment le faire quand on est sous pilotage automatique et que le seul
programme politique est de manger?

God Bless Cameroon !

 

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