On Life, love and Politics

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Cameroun-Maroc : la victoire de l’improvisation June 9, 2009

Filed under: Indomitable Lions/Lions Indomptables,Sports — kikenileda @ 9:23 AM

Tous les spécialistes du football sont formels : il était déjà
difficile pour les Lions indomptables du Cameroun de se qualifier pour
la phase finale de la coupe du monde de juin prochain en Afrique du sud
après la défaite contre le Togo le 28 mars dernier. En concédant un
match nul et vierge hier sur ses propres installations contre le onze
national du Maroc, cette qualification relève désormais du miracle. Non
seulement il faudrait à notre sélection nationale gagner tous ses
quatre derniers matches, mais en plus, il faudra aussi espérer que ses
autres adversaires, à chaque fois, se neutralisent…

Les
mêmes spécialistes le disent aussi de manière claire : dans l'intention
de jeu hier, on a vu de bonnes choses et un frémissement. Le nouveau
staff des Lions indomptables a pris l'option de renouveler
progressivement l'équipe, en injectant de nouveaux éléments au talent
prometteur. Mais à voir l'équipe jouer hier, une évidence sautait aux
yeux : elle n'avait pratiquement jamais joué ensemble et il lui
manquait, de manière criarde, les automatismes qui font précisément de
onze joueurs une équipe de football.

La rencontre d'hier a été
sanctionnée par un score de parité. Mais elle a davantage consacré la
victoire de l'improvisation qui caractérise, depuis tant d'années, la
gestion par nos autorités de notre sport roi. Trop de combats se font
en effet en dehors du terrain, et finissent par aspirer toute l'énergie
à consacrer à la préparation sereine, au jeu ; les seuls éléments qui
peuvent créer la victoire au cours d'un match, puis la qualification à
l'issue de cette dernière phase éliminatoire. Quelques illustrations ?
Cela faisait de nombreux mois, en particulier depuis le match raté
contre l'Egypte en finale de la dernière coupe d'Afrique des nations au
Ghana, que le problème de la compétence de l'entraîneur sélectionneur
national avait été à nouveau posé. Une commission a même été mise sur
pied, conduite par Roger Milla, pour proposer des solutions d'avenir.
La crise a éclaté le 28 mars dernier, avec la défaite des Lions
indomptables face au Togo à Accra, qui a ramené sur la sellette le
problème du staff technique. Entre conciliabules et manœuvres de
coulisses, il a fallu plus d'un mois aux autorités pour décider de
mettre sur pied… un collectif d'entraîneurs aux ambitions diverses.
Solution bâtarde qui ne réglait ni les problèmes d'encadrement, ni ceux
d'autorité.

L'ambiance s'est à nouveau tendue, jusqu'à la
démission sans surprise de Otto Pfister, à laquelle le gouvernement a
répondu par une solution très camerounaise : la désignation de Thomas
Nkono comme "Coordonnateur" du staff technique des Lions indomptables.
Pas tout à fait sélectionneur national, mais devant avoir le dernier
mot quand il faut décider. Il n'y a qu'au Cameroun que la nomination
d'un entraîneur de football est une affaire d'Etat, se faisant au terme
de tractations les plus incroyables, d'intrigues les plus blâmables,
des accords les plus abjects. Les choix sont finalement portés dans des
conditions de controverse, et le nouveau promu retrouve les intrigues
qui, au mieux, ont fait démissionner le précédent ou, au pire, l'ont
fait virer. Sans créer la sérénité qui permet de travailler. Comme si
de nombreux fonctionnaires, "hauts" et "moyens", gagnaient à ce que
tout se passe dans cet environnement délétère. Pierre Lechantre. Jean
Paul Akono. Philippe Redon. Winfried Schäfer. Artur Jorge. Arie Haan.
Jules Nyongha. Otto Pfister. La liste s'est allongée. Produisant les
mêmes effets sur une sélection toujours crainte à travers le monde,
mais qui n'a plus jamais gagné depuis la Can de 2002 au Mali. Et qui
s'est construite autour de quelques ego qui font la pluie et le beau
temps.

Parce que, pendant que nous intriguons, les autres
travaillent. Progressent. Gagnent des matches. Remettent en cause les
classements préétablis.
Ce n'est sans doute qu'un clin d'œil de
l'histoire. Mais avant la prochaine rencontre comptant pour la 3e
journée de cette dernière phase éliminatoire, le Gabon caracole en
tête, avec déjà cinq longueurs d'avance sur le Cameroun. Nous avons
longtemps cru que le dieu du football était camerounais. Et qu'il
pouvait continuer à récompenser notre improvisation par des victoires
éclatantes. C'est désormais le dieu de tous ceux qui privilégient la
rigueur et le sérieux dans l'organisation. Et il est temps pour nous de
redescendre sur terre. Pas pour une qualification à la prochaine Coupe
du monde, plus que jamais compromise. Mais pour apprendre à conjuguer
et à mettre en application deux verbes synonymes que nous avons sortis
de notre vocabulaire : BATIR. CONSTRUIRE.

Par Alain B. Batongué

 

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