On Life, love and Politics

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Le viol et l’inceste gagnent du terrain au Cameroun May 24, 2009

Filed under: French Articles/les Articles en Francaise,Society/Societe — kikenileda @ 10:34 PM

A cause de leur caractère tabou, ces deux crimes prennent des proportions inquiétantes au Cameroun.

Vendredi dernier, Mireille K., 25 ans a échappé à un viol à Nkolbisson,
s’en sortant avec des points de suture au bras. La petite Eliane B.,
deux ans et demi, n’a pas eu autant de chance. Elle a été violée par le
mari de sa mère dans une petite ville du Sud. Mais en dépit des
exhortations de l’entourage, la mère de la victime n’est pas allée à
l’hôpital, encore moins à la police. Préférant étouffer l’affaire pour
ne pas briser son ménage. Elle a tout simplement conduit sa fille chez
une tradi-praticienne pour « des massages ». Des centaines de
kilomètres plus loin, à Bamenda, c’est une autre fillette de neuf ans
qui a été retrouvée inconsciente. A l’hôpital, les médecins ont
diagnostiqué un abus sexuel poussé (sodomie) de la part de son
beau-père. La fillette affirme même que le manège durait depuis deux
ans quand on l’a découvert. Quant à Christelle, 23 ans, le souvenir des
rapports sexuels forcés et répétés avec son frère aîné ne la quittera
jamais. D’ailleurs, comment peut-elle s’en débarrasser étant donné que
de cet inceste est né un garçon aujourd’hui âgé de huit ans. Elle a
même eu de la peine à l’aimer. « Au début l’enfant me rappelait
tellement ces moments dramatiques que je n’ai pas pu lui donner de
l’affection », raconte la jeune femme.

Si ces cas semblent isolés et anecdotiques, la réalité est bien plus
poignante. Au Cameroun, on compte des milliers de filles et même de
femmes, qui subissent ou ont subi soit le viol, soit l’inceste, ou
encore les deux combinés. A titre d’illustration, sur plus de 10 000
filles-mères enregistrées au Réseau national des tantines (Renata) – un
réseau d’association des filles-mères –, 8% sont des victimes de viol.
Un bon nombre s’étant retrouvées enceintes après ces forfaits.

Malheureusement, dans les familles, les victimes sont le plus souvent
mises à l’écart. Christelle E. a par exemple été renvoyée au village
pour ne pas salir le nom de la famille avec son « histoire de viol par
le grand frère ». Solange A., qui n’a pas osé donner le nom du géniteur
de son enfant, qui n’était autre que son père, a été chassée du
domicile familial. «L’entourage devrait davantage penser à réconforter
les victimes qu’à vouloir absoudre le crime, car ce genre de
comportement contribue plutôt à culpabiliser et à fragiliser la
victime», souligne Olivia Bikoe, secrétaire exécutive du Renata.

C’est d’ailleurs pour sensibiliser la communauté entière que le réseau
lance, dès jeudi prochain, une vaste campagne d’information, avec en
primeur, la publication d’une étude sur le viol et l’inceste, menée sur
près de 40 000 femmes de tous bords.

 

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